Chapitre Un.
Je suis là, depuis au moins une heure, à attendre qu'un signe se manifeste enfin à moi, sur ce banc du nouveau développement du quartier. Il était maintenant rempli de restaurant quatre étoiles et différents centre commerciaux, ainsi que de cinéma, qui était maintenant l'emplacement favori des familles pour passer un peu de temps ensemble. On disait trop souvent que les jeunes de nos jours de s'intéressaient plus aux valeurs familiales, à l'éducation, etc. alors que c'était totalement faux. D'accord, j'étais au courant que plusieurs étudiants ne finissaient pas leur étude, pour cause de dépression ou de manque de motivation, mais n'étais-ce pas la faute au gouvernement, ou même au professeur qui ne font pas leur programme en fonction de ce que l'on désirait? Plusieurs personnes pensaient comme ça, mais je n'étais pas vraiment de leur avis. J'étais une fille qui prenait à c½ur l'enseignement, la transmission du savoir entre professeurs et élèves. Bien sûr, on pouvait me considérer comme rabat-joie, cependant, je ne pouvais rien y faire, j'étais faite comme ça. Toute ma jeunesse avait été concentrée sur ça, on ne pouvait donc pas changer tout cela en un clin-d'½il.
C'est alors que je vis, à travers la foule, une tête blonde qui avait l'air de se démener pour réussir à traverser ce troupeau de personne rassembler devant un kiosque de vêtements à moitié prix. Son visage qui était ordinairement fin, était recouvert d'une expression faciale qui émanait de la frustration.
— Pourquoi est-ce que tout le monde se rencontre ici? Il existe pleins d'autres endroits qu'ici, dit-elle en arrivant à ma hauteur en repassant avec sa main son chandail bleu foncé sur lequel était accroché différentes perles de couleur.
— Ils ont eu la même idée que nous, c'est tout, rétorquais-je en la saluant. Quand il y a des aubaines, tout le monde, ici, est au courant en moins de deux, tu devrais le savoir après le temps que tu habites dans ce coin.
Elle, c'était ma meilleure amie depuis notre plus tendre enfance. Ashley et moi avions toujours fait tout ensemble. Nos mères avaient accouchés le même jour pour nous donner naissance, nous avions appris à marcher ensemble et notre première dent était tombée le même jour. Le hasard fait bien des choses, comme on dit. Certaines personnes ne nous croyaient juste pas, mais nous, on savait qu'il se passait quelque chose entre nous. Un lien solide d'amitié. On aurait même pu croire que l'on était jumelle. Nous aimions la mode, la nouvelle tendance, le maquillage, nous étions dures de nature, on ne se laissait jamais marcher sur les pieds et on disait constamment à voix haute ce que l'on pensait sans se soucier de l'opinion des autres. Ashley m'avait, il y a une semaine, convaincue de changer ma couleur de cheveux qui était alors brune pour un blond châtain qui, disait-elle, me seyait a merveille. Elle me disait aussi qu'il fallait absolument, à chaque mois, changer de look. Ce qui nous coûtait que cinq mille dollars, un montant très minime pour nous. L'argent n'avait jamais été un problème pour nous, nos parents avaient toujours vécu dans des maisons d'une valeur inestimable et avaient largement d'argent pour y vivre. Ayant comme père un des conseillers du Président des États-Unis, c'était normal. Ma famille et moi vivions à New York depuis toujours. La ville qui ne dort jamais. Bien sûr dans cette phrase ont voulaient seulement parler des lumières, nous ne sommes quand même pas des vampires.
Aujourd'hui, nous avions décidé de nous retrouver pour aller faire les magasins. Une activité auquel on participait au moins cinq fois semaine.
— Tu sais Cassandra, me lança-t-elle, je pense qu'il va encore falloir que tu m'expliques pourquoi tu veux travailler. On est jeune, on ne vient que de commencer notre vie! Il faut en profiter au maximum.
Je soupirai, on avait eu cette conversation au moins quinze fois depuis le début de la semaine.
— Ash, les adolescents de notre âge ont déjà tous commencé à travailler. 17 ans c'est l'âge. Ce n'est pas parce que j'ai de l'argent que je ne dois rien faire pour en gagner. Je veux être capable de me débrouiller toute seule.
— Et tu vas faire quoi alors? Tu vas aller te faire exploiter dans une usine mal désinfectée?
Elle pouvait vraiment dire n'importe quoi des fois, mais c'était pour ça que je l'appréciais.
— Non, pour l'instant, je ne vais que rendre service à ma tante. Je vais être payée pour surveiller ma petite cousine et l'amener faire ce qu'elle a envie de faire. Rien de bien compliquer.
— Moi je ne travaillerais pas avant d'avoir vingt ans minimum et je...
— Oui je sais, la coupais-je, et tu vas être mariée et tu vas avoir déjà un enfant. Mais tu sais, pour ça, il faut déjà que tu ais un petit ami.
— Ce n'est qu'une question de temps.
Elle regarda autour de nous et continua :
— Regarde, tous ces garçons nous regardent en ne voulant qu'une chose, ne recevoir qu'un regard de notre part. Alors je n'ai qu'à en choisir un, lui demander de sortir avec moi et il acceptera sans problème.
Je ris, elle avait vraiment trop confiance en elle. Tout ne se passait pas comme ça. Il faut dire que moi, j'étais une romantique née. Pour commencer à sortir avec quelqu'un, il me fallait connaître très bien la personne et il fallait aussi que cette personne soit du même rang que moi. Je n'étais pas superficielle, loin de là, mais j'avais des principes. Je n'avais jamais été à l'aise avec les personnes qui ne vivaient que dans des taudis.
— Alors, tu voudrais aller demander à ce gars-là de sortir avec toi? demandais-je en pointant un garçon qui était assis à une table, seul, en sirotant son café.
Elle le regarda bien attentivement et se tourna vers moi le sourire aux lèvres.
— Ça va être un jeu d'enfant. Regarde-moi bien.
Et elle partit vers le garçon d'un pas bien décidé. Je la vis lui dire bonjour et s'asseoir. Il était assez beau, il avait les cheveux bruns foncés et de loin, je voyais bien qu'il faisait de la musculation.
Soudainement, je reportai mon attention sur Ashley et la vis revenir vers moi avec une mine déçue.
— Ça ne s'est pas bien passé? lui demandais-je gentiment.
— Si au contraire, mais il m'a bien fait comprendre que les filles dans mon genre ça ne l'intéressait pas, dit-elle tristement.
— Ne t'inquiète pas, il ne sait pas la chance qu'il manque. Tu l'as dit toi-même, tous les gars te désirent, il était sûrement aux hommes.
— Oui, soupira-t-elle, ça doit être ça.
La fin de la journée se déroula sans problème, nous nous étions achetées pleins de vêtements et d'accessoires pour le bal du printemps qui allait être dans trois semaines. Un billet pour y assister coûtait dans les environs de cinq cents dollars, mais ce n'était en aucun cas de l'argent gaspiller, personne n'avait jamais été déçue par ce genre d'événement.
Il était maintenant temps de rentrer pour le dîner. J'espérais de tout c½ur que mes parents allaient être là.